Les métiers les plus exposés à l’IA générative recrutent nettement moins de jeunes en CDI, et le développement informatique figure parmi les profils les plus cités. C’est le constat d’un billet de la Banque de France, signé avec des chercheurs associés à HEC, qui invite aussi à la prudence sur les causes.
- Embauches en CDI des 21-29 ans : environ 28 % sous novembre 2022 dans les métiers les plus exposés.
- Pour les jeunes développeurs, la presse rapporte un recul de 42 %.
- Les auteurs ne concluent pas que l’IA explique tout.
Plan de l'article
Que mesure exactement cette publication ? #
Le billet n° 463, mis en ligne le 8 octobre 2026, s’appuie sur les déclarations de mouvements de main-d’œuvre, de janvier 2019 à mars 2026. La référence choisie est novembre 2022, moment de l’arrivée de ChatGPT auprès du grand public.
Les auteurs classent les métiers selon leur exposition à l’IA générative, à partir du référentiel de France Travail. En mars 2026, les embauches en CDI des 21-29 ans dans le cinquième des métiers les plus exposés se situent environ 28 % sous leur niveau de novembre 2022. Dans le cinquième le moins exposé, l’écart est de 8 %.
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Les fins de contrat reculent aussi : environ 23 % dans les métiers les plus exposés, contre 6 % dans les moins exposés. Autrement dit, les jeunes en poste bougent moins, ce qui libère moins de places pour les suivants.
Et les développeurs dans tout ça ? #
Le billet lui-même raisonne par grands groupes de métiers. Le chiffre le plus repris vient des comptes rendus de presse : Siècle Digital indique une baisse de 42 % des recrutements en CDI de développeurs et d’ingénieurs informatiques de 21 à 29 ans en mars 2026, par rapport à 2022.
Le même article signale que la baisse est particulièrement marquée dans les entreprises qui déclarent un usage intensif de l’IA, et qu’une demande subsiste sur des missions spécialisées, comme la conception de systèmes ou la cybersécurité. Économie Matin reprend le même ordre de grandeur et évoque environ 75 000 CDI en moins par an pour les 21-29 ans des secteurs concernés.
Pourquoi ne pas tout mettre sur le dos de l’IA ? #
Les auteurs sont clairs sur les limites. Leur indice mesure, écrivent-ils, « une capacité technique potentielle et non l’usage effectif de l’IA par les entreprises ». Un métier très exposé n’est donc pas forcément un métier où l’IA remplace déjà des personnes.
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D’autres facteurs ont pu peser dans le même sens : le resserrement monétaire, la correction du secteur technologique après le Covid et le télétravail. Le billet relève aussi l’absence de divergence statistiquement nette de l’emploi total dans les entreprises qui utilisent intensivement l’IA.
Enfin, sur l’idée que les débutants perdraient leurs tâches formatrices, la conclusion reste ouverte : « Nos résultats ne permettent pas d’établir que ce mécanisme est déjà à l’œuvre en France. » Les études menées aux États-Unis, en Norvège ou au Danemark donnent d’ailleurs des résultats contrastés.
Quels réflexes adopter quand on débute ? #
Ce diagnostic ne dit pas d’abandonner le code. Il suggère plutôt de changer la façon de se présenter aux recruteurs. Un portfolio de projets réels, déployés et maintenus, parle davantage qu’une liste de technologies.
Savoir relire, tester et corriger du code généré devient une compétence à part entière. Un candidat capable d’expliquer pourquoi il a refusé une suggestion d’un assistant montre exactement le jugement que l’on attend d’un développeur confirmé.
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Il est utile aussi de renforcer ce que l’automatisation couvre moins bien : architecture, sécurité, connaissance d’un métier client. La demande citée sur la conception de systèmes et la cybersécurité va dans ce sens.
Former sans promettre un retour à 2021 #
Pour les organismes de formation et les écoles, le message est tout aussi concret. Enseigner un langage ne suffit plus : il faut apprendre à évaluer une production, à documenter une décision et à travailler avec des outils qui évoluent vite.
Les employeurs ont leur part à jouer. Si les postes juniors se raréfient durablement, le vivier de développeurs expérimentés de demain se réduira d’autant. Maintenir des parcours d’alternance et de mentorat reste une décision d’entreprise, que les chiffres de cette publication rendent plus pressante.
Questions fréquentes #
Le chiffre de 42 % vient-il directement de la Banque de France ?
Il est rapporté par la presse qui a rendu compte de l’étude, notamment Siècle Digital. Le billet en ligne de la Banque de France raisonne, lui, par groupes de métiers exposés.
L’IA est-elle la seule cause de cette baisse ?
Non. Les auteurs citent aussi le resserrement monétaire, la correction post-Covid du secteur technologique et le télétravail.
Quelle tranche d’âge est concernée ?
Les chiffres cités portent sur les embauches en CDI des 21-29 ans, comparées à novembre 2022.




