En septembre 2026, plus de quatre pull requests sur dix créées sur GitHub démarraient avec un premier jet écrit par un agent IA. C’est le chiffre central du rapport Octoverse 2026, publié par GitHub le 28 octobre pendant sa conférence Universe. Pour un développeur en poste ou en formation, il confirme un changement de métier : on écrit moins de code, mais on en relit beaucoup plus.
Plan de l'article
- Que mesure exactement le rapport Octoverse 2026 ?
- Une activité qui a plus que doublé en un an
- Pourquoi 40 % de pull requests « agent » change la journée d’un développeur
- Plusieurs modèles pour un même développeur
- TypeScript garde la tête, et les agents l’aiment bien
- Et la France dans tout ça ?
- Questions fréquentes
Que mesure exactement le rapport Octoverse 2026 ? #
Octoverse est le bilan annuel que GitHub tire de ses propres données d’activité, sans institut extérieur. L’édition 2026 couvre la période du 1er octobre 2025 au 30 septembre 2026 et, pour la première fois, elle intègre les dépôts privés dans les mesures d’activité.
Ce changement de méthode a une conséquence pratique. Comme le souligne le Blog du Modérateur, les chiffres 2025 cités dans le rapport ont été recalculés selon les nouvelles règles : il ne faut pas les comparer à ceux publiés l’an dernier. Autre précaution, le rapport décrit l’usage de GitHub, pas le marché du développement dans son ensemble.
Une activité qui a plus que doublé en un an #
Sur douze mois, les commits atteignent 34,3 milliards, plus de trois fois le niveau d’il y a deux ans selon GitHub. Les pull requests fusionnées ont plus que triplé pour arriver à 1,3 milliard, soit 3,5 millions par jour en moyenne.
GitHub relève une accélération nette à partir de juin. L’éditeur la relie à l’arrivée de modèles plus capables et d’agents qui suivent une tâche sur plusieurs jours. Le Blog du Modérateur rappelle que le rapport établit une simultanéité entre les deux phénomènes, pas un lien de cause à effet démontré.
Pourquoi 40 % de pull requests « agent » change la journée d’un développeur #
GitHub compte 110 millions de pull requests lancées par un agent sur le seul mois de septembre, environ six fois le volume de mars. C’est un plancher : seuls les agents que la plateforme sait détecter sont comptés.
Ces pull requests sont aussi plus larges. Environ 87 % modifient plusieurs fichiers, contre 79 % pour les autres. Et leur taux d’acceptation a dépassé celui des contributions humaines : 90 % sont fusionnées dans les deux semaines en septembre, contre 83 % en février, alors que le groupe sans agent détecté reste autour de 86 %.
La revue de code devient le geste principal
GitHub résume la bascule ainsi : pour une part croissante du travail, le premier geste consiste à diriger un agent, et la revue est le moment où le développeur façonne ce qui revient. Concrètement, la compétence qui prend de la valeur n’est plus la vitesse de frappe, mais la capacité à lire vite un diff de plusieurs fichiers, à repérer une régression et à refuser proprement une modification inutile.
C’est aussi le revers de la médaille. Plus de pull requests à relire signifie plus de charge pour les mainteneurs et les relecteurs seniors, un sujet que la Linux Foundation a déjà mis sur la table ce mois-ci à propos des projets open source.
Plusieurs modèles pour un même développeur #
Le rapport montre que les développeurs ne se fixent plus sur un seul modèle. En septembre, 61 % des utilisateurs de GitHub Copilot qui choisissent leur modèle en ont utilisé plusieurs, contre 50 % quatre mois plus tôt. Parmi les utilisateurs actifs mensuels de Copilot, 55 % se servent des fonctions agentiques, contre 35 % un an plus tôt.
Pour une équipe, cela pose une question d’organisation plus que de technique : quel modèle pour quelle tâche, et qui valide ce choix ? Un modèle rapide pour la complétion, un modèle de raisonnement pour planifier une migration, ce sont des usages différents qui méritent une règle écrite plutôt qu’une préférence individuelle.
TypeScript garde la tête, et les agents l’aiment bien #
Le podium des langages ne bouge pas : TypeScript devant Python et JavaScript, en nombre de contributeurs mensuels. Le détail le plus intéressant concerne les dépôts créés en 2026. Selon le Blog du Modérateur, TypeScript est le langage principal de 35 % de ceux où un agent a été détecté, contre 24 % des autres.
GitHub y voit l’indice que les agents, laissés libres, privilégient quelques langages. Le rapport décrit une association, pas un choix observé. Pour qui démarre une formation, cela renforce un conseil déjà valable : un typage solide aide autant l’humain qui relit que l’outil qui génère.
Et la France dans tout ça ? #
GitHub revendique plus de 225 millions de développeurs. Les États-Unis (38,3 millions) et l’Inde (32 millions) restent largement en tête. La France en compte 4,75 millions, au 10e rang mondial, juste derrière la Russie, d’après le classement publié dans le rapport.
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Pour les profils en reconversion ou en début de carrière, le message est clair. Savoir utiliser un agent ne suffit plus à se distinguer : la différence se fait sur la relecture, les tests, la compréhension de l’architecture et la capacité à expliquer pourquoi une modification doit ou ne doit pas entrer dans le code.
Questions fréquentes #
Les agents écrivent-ils 40 % du code sur GitHub ?
Non. Le chiffre porte sur les pull requests qui démarrent avec un premier jet d’agent, pas sur la part de code écrite. Le développeur reste celui qui relit, corrige et fusionne.
Peut-on comparer ces chiffres avec Octoverse 2025 ?
Pas directement. GitHub a intégré les dépôts privés et changé la période de mesure, puis recalculé les valeurs 2025 selon ces nouvelles règles. Seules les comparaisons présentes dans l’édition 2026 sont valables.
Quel langage apprendre en priorité en 2026 ?
D’après le rapport, TypeScript et Python restent les deux langages les plus utilisés sur GitHub et ceux qui gagnent le plus de contributeurs. Ce sont des choix sûrs, à condition de travailler aussi les tests et la revue de code.
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